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Site du Louvetisme : les 8-12 ans

Blog d’un Akela : 1er semestre

Témoignage : le blog d’un Akela

Glissez vous dans les traces de Loïc, jeune chef de meute

Loïc P. a 21 ans. Comme beaucoup d’étudiants, ces études l’emmènent loin de chez lui. Il quitte son cocon familial pour se retrouver dans l’est de la France, à Besançon.

Scout depuis longtemps, ce nouveau déménagement ne le déboussole pas plus que cela ; cette année, il a décidé de servir dans le scoutisme et il est appelé à devenir Akela.

Il se retrouve à faire vivre une meute de 24 garçons vifs et dynamiques, à diriger avec fraternité sa maîtrise de quatre chefs de son âge.
Il a accepté de nous livrer ses premières impressions : les responsabilités, les enjeux et les grandes joies qui font de l’aventure d’un chef de louveteau, une aventure extraordinaire…

une aventure pas si vieille que cela en 2006 ….

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Samedi 17 septembre : Rentrée de district

Me voici débarquant dans ce qui va être ma nouvelle famille. Le début de l’année avait été morose car jusqu’au 15 septembre, aucun chef ne s’était proposé. Dés mon arrivée sur Besançon, on me réoriente vers la personne responsable des unités scouts d’Europe et je suis très rapidement dirigé vers la meute. Je rencontre donc des parents motivés et des louveteaux heureux de pouvoir continuer les activités de cette année. Très vite je m’entoure de chefs qui seront mes assistants à la meute : les activités vont bientôt pouvoir reprendre.

Après la messe de rentrée à la chapelle des Buis, chapelle crée par Mgr Dubourg, le saint patron de la meute, nous nous dirigeons vers le lieu de la sortie. La maîtrise des chefs lance un jeu où chaque louveteau se présente, fait connaissance avec son voisin, ce sont les premières amitiés qui se nouent dès la première journée.

Pendant le repas, je discute avec les louveteaux qui ne me connaissent pas bien encore : « d’où
tu viens
», « pourquoi tu es chef ? » Après quelques blagues de louveteaux pour me tester et quelques éclats de rire, l’ambiance famille heureuse s’installe rapidement.

Après le déjeuner, nous jouons au jeu du béret version louveteau : un chef appelle le nom d’un animal de la jungle, et les louveteaux qui ont ce nom d’animal, s’approchent pour une prise de foulard et ainsi de suite. Puis d’autres jeux classiques : un relais, et un épervier « jungle ». Ma nouvelle meute de garçons court plutôt bien ! La journée se termine par une prière suivie d’une bénédiction.

Bilan personnel : voilà une première approche du louvetisme avec son vocabulaire, ses joies de découvrir les jeunes et les chefs. Comme un enfant devant les merveilles de la création, je suis impatient, et enchanté de ce que cette année de service va m’apporter !

Fraternellement scout,

Une aventure qui continue…

 

Samedi 30 septembre : première sortie en meute

Voilà, je lance avec beaucoup d’émotion mon premier rassemblement. « Meute, meute, meute, meute ». Les loups accourent joyeusement.

Le thème de la journée sera celui du service et de la bonne action quotidienne. « Qu’est-ce que rendre service ? À qui rendre service? Y a t-il des gens qui me rendent service sans que je les vois ? Un loup de neuf ans peut-il aussi rendre service ? »

Le rocher du conseil, est un moment qui réunit toute la meute assise en cercle. On y parle de l’esprit du louveteau, des efforts à faire, de la famille heureuse. Le fil directeur est le Livre de la jungle de R. Kipling. C’est un moment ou tous les loups sont invités à prendre la parole. Certains louveteaux ont réponse à tout, d’autres donnent timidement quelques réponses. Peu importe, l’important est de décider, ensemble, d’un effort que nous suivrons tous dans la journée. La résolution d’aujourd’hui sera l’accueil des nouveaux, la fraternité, et l’entraide.

Après, nous partons marcher en forêt, pour découvrir les arbres, les bruits de la forêt, ce que l’on peut y trouver.

Juste avant, le conseiller religieux nous avait parlé du besoin de savoir écouter. Prêter l’oreille à dame nature. Voici donc un exercice pratique, pas si facile à mettre en ouvre, sur un chemin de brindilles avec 24 garçons aux grosses chaussures.

Arrivés dans une clairière, chaque sizaine doit donc s’organiser pour préparer un feu dans les règles de l’art et de la sécurité (avoir un bidon d’eau à proximité, déblayer le terrain et entourer le trou de pierres). Une fois les notions de sécurité mise en place, les loups s’échauffent ! Qui seront les premiers ?

Bilan personnel : la sortie s’est déroulée dans les temps, avec une très bonne ambiance, des souvenirs et des photos plein les poches. J’avais cependant oublié quelque chose de très important dans le planning : le goûter ! (Le plus drôle c’est que les louveteaux ne m’ont pas fait le reproche pendant la journée. C’est par leurs grands frères que j’ai appris mon erreur). Je retiendrais la leçon, il ne faut JAMAIS oublier le goûter !

Mes débuts d’Akela sont vraiment extraordinaires, la providence m’a guidé vers une meute qui cherchait un chef. Elle met sur ma route 24 louveteaux, 24 garçons à faire grandir.

Être Akela, c’est apprendre à organiser des réunions, apprendre de ses erreurs, à faire confiance. La tâche est exigeante, mais la plus belle récompense de cet engagement se trouve finalement dans le sourire des louveteaux. Peu de chose me diriez-vous. alors vous n’avez pas été Akela !

Fraternel salut scout

Une aventure qui continue…

Dimanche 15 octobre : sortie en forêt

Qui dit une sortie le dimanche, dit mise en place des jeux la veille. Donc je suis parti à vélo avec mes assistants pour une après-midi inter-maitrise ! Petit parcours de santé à l’aller, et parcours de cross en VTT au retour !

Bon, revenons à mes loups !

Rendez-vous à la chapelle des Buis à 9h30 pour la messe, nous nous sommes occupé du service d’autel, et même un de mes loups a fait une lecture. Avec les conseils avisés de ses chefs, il a admirablement bien lu.

Surprise, les loups ont été relativement sages pendant la célébration ! Même si j’étais dans le coin le moins sage, j’ai eu des excellents échos. de silence ! Le fait d’avoir confisqué un foulard à la dernière sortie semble les marquer beaucoup. Me voilà quand même rassuré sur un point : ils tiennent à leurs foulards !

Une superbe après-midi commence avec mise en place du feu, cuisine et repas ! Jamais je n’ai vu un feu si bien fait, entouré de pierres, bien rond, un peu du style Pierre Joubert ! Enfin, tout n’était pas parfait non plus car les chefs débutent en cuisine ! Mais le cour y était et cela donne un goût inoubliable !

Le rocher du conseil portait sur l’écoute et l’obéissance ! Les chefs ont mis en scène Mowgli qui préfère aller jouer avec les Bandar-log plutôt que de faire la sieste près de Baloo. Le petit d’homme se rend vite compte de sa bêtise de partir avec le peuple sans loi puisqu’il finit pas se faire enlever par les singes et que Baloo et Bagheera doivent ensuite aller le délivrer au péril de leur peau. Mes louveteaux comprennent (et j’espère retiendront) l’utilité de la loi pour vivre en communauté et pour rester le peuple libre.

Nous poursuivons avec un jeu sur le sémaphore. À chaque lettre du premier cycle est associé une activité, une épreuve. Un jeu très réussi qui a beaucoup plu ! Merci Hathi !

Puis départ en chasse, les Bandar-log ont enlevé Mowgli. Eux suivent une trace pour rentrer chez eux pendant que l’équipe de Baloo part à leur poursuite en suivant sa trace. Une bonne marche avec les loups à l’affût de nombreux indices, comme les poils que Baloo a laissé en se frottant aux branches ou encore des signes de piste.

Tous cela finit bien sûr en bataille de foulards gagné par les Bandar-log. bref, erreur historique !

Enfin un goûter bien mérité..

La journée se termine par un jeu organisé par un sizainier : une bataille navale, où il faut amener dans le camp adverse les coordonnées du coup de canon. Bien sûr, pour aller dans le camp adverse, il faut y arriver ! Jeu très sympa, mais un peu long. Mais c’est un concept que je retiens et que je ressortirais pour une grande chasse plus tard.

Bilan personnel : voici encore une réunion où les loups sont rentrés fatigués mais apparemment heureux. Je ne saisis pas encore tout dans l’univers du louvetisme, mais je remarque que plus les chefs se donnent et plus les loups sont motivés. Arriverai-je à les faire rester motiver pendant toute l’année ?

«Ce que la loi ne dit pas, la parole du chef est la loi» (Sagesse de jungle tiré du Livre de la jungle de R. Kipling)

 

À bientôt,

Une aventure qui continue…

Sortie du 12 novembre

Le prêtre nous accueille chaleureusement dans sa paroisse, et se réjouit d’avoir des mains habiles pour servir ! Nous étions dans une petite paroisse où les enfants de choeur sont rares. Nous (les loups) nous sommes occupés des lectures et du service d’autel pour la plus grande joie du prêtre !

Puis vient ensuite une petite marche dans la forêt, au son de quelques chants, pour atteindre l’ancien fort de Planoise. Malgré le bois mouillé et la faim qui commence à se faire sentir, les loups sont joyeux, et installent des bancs pour le déjeuner (ils ramènent des troncs qui font au moins deux fois leurs poids . bel esprit d’équipe !). La nourriture cuit, mais pas vite.

Tant pis, commençons par le rocher du conseil avant de déjeuner ! Première étape, m’apprendre le chant du rocher du conseil ! Je salue quand même leur bonne volonté, mais bon.

Je raconte le départ de Mowgli chez les Hommes, « Puisque vous avez été mes frères en tout sauf par le sang, je promets que une fois chez les hommes, je ne vous oublierai pas. » : respect envers les autres, entraide, des qualités que je venais de voir appliquées lors de la préparation du repas. Mes loups me devancent.

Après un bon déjeuner, Baloo nous fait découvrir les arbres de la jungle à travers un jeu de rapidité et de recherche de plante. Mais le temps ne nous gâte pas, et nous nous retrouvons rapidement sous la pluie. Heureusement, pendant que les loups se défoulaient, de bonnes âmes ont rallumé le feu, et c’est autour d’un joyeux goûter près du feu que les louveteaux se rassemblent.

La journée se termine par un événement important : la remise du foulard de meute aux nouveaux louveteaux. Les voici officiellement reconnus comme loups de la 1re Besançon ! Chaque nouveau loup est venu chercher son foulard à l’appel de son nom. C’est une grande joie pour moi qui reconnais leurs efforts d’intégration à la vie de la meute, mais pour eux aussi qui se sentent désormais appartenir à la famille heureuse.

Petit bilan personnel : Je termine cette journée avec un simple merci.

Merci les loups, merci mes assistants, merci mon Dieu.

 

« Seigneur Jésus qui nous aimez si tendrement » (Extrait du texte de la Prière du louvetau)

Loïc P.


Une aventure qui continue…

Samedi 25 novembre : Sortie au fort de Chaudamne.

 

La réunion commence par une petite marche vers l’ancien fort militaire de Chaudamne. Comme ce chemin de la ville en direction de la forêt, les loups font sans le savoir un changement total de mentalité dès qu’ils se retrouvent en famille heureuse. Les garçons de 11-12 ans sont souvent très individualistes à l’école ou à la maison, mais à la meute,ils se chargent de s’occuper des plus jeunes, avec la bienveillance d’un grand frère..

L’obéissance, la bonne action, le service, la volonté de progresser sont des éléments de la vie à la meute que le louveteau apprend à appliquer en communauté et qu’il mettra en pratique de retour chez lui .

Le rocher du conseil terminé, nous avons lancé les loups dans un « relais de nouds ». Pour progresser, le louveteau doit connaître différents nouds. Le noud de chaise est parmi les plus utiles. Pourtant très simple, celui-ci se révèle un casse tête pour les louveteaux. Passer du temps sur un noud est une chose, le réussir en est une autre. La plupart des loups devront encore faire et défaire.

Ensuite Les loups se lancent dans le « jeu de l’épervier », où il faut prendre le foulard de l’autre pour le toucher ? Comme dans tous les jeux, les chefs participent, et Akela, pour montrer l’exemple, prend la place de l’épervier au début du jeu.

Puis vient l’atelier chant et expression ! Atelier qui me semble utile pour développer la joie du louvetisme. Les danses de jungle et les chants ont été à l’ordre du jour. Pour les danses de jungle, je me suis rendu compte que les garçons ont du mal à se mettre dans la peau de danseur. Mais pourtant une fois lancé, ils sont ravis.

Pour le chant, une activité physique les passionnerait bien d’avantage.

Petit bilan personnel : j’ai remarqué que la préparation de la réunion aurait pu être plus approfondie et que les loups avaient profité de ce petit moment d’improvisation pour être surexcités. Nous avons vu en maîtrise comment mieux préparer les prochaines sorties afin de mieux canaliser l’énergie des louveteaux.

Ce qui me fait plaisir, c’est que certains louveteaux ont reconnu avoir exagéré et ont promis de faire des efforts pour garder l’ambiance d’une « famille heureuse ».

C’est dans ces moments qu’on se rend vraiment compte que le louvetisme est une école de vie à tout âge. Les chefs font tout pour faire progresser les loups dans l’ambiance de la famille heureuse à travers le jeu. Les louveteaux, sans le savoir, motivent leurs chefs à être meilleur chaque jour.

« Si tu marches devant, ils te dépasseront

Si tu donnes ta main, ils donneront leur peau,

Et si tu pries pour eux, ils deviendront des saints »

(Extrait de la Prière des chefs, de Michel Menu).

Loïc P.

Une aventure à suivre …