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Saint Tarcisius

enfant_f_temoinsTarcisius courait dans les ruelles sombres de Rome. Sa tunique renvoyait la lumière chaque fois qu’elle captait un rayon de lune. Il tenait, serré dans ses mains, un trésor précieux soigneusement enveloppé d’un morceau de tissu.

Tarcisius était un jeune chrétien. Il vivait à Rome au IIIe siècle après J.-C. Valérien, l’empereur qui gouvernait l’empire romain, persécutait les chrétiens et les traitait avec une grande cruauté. Ceux-ci n’avaient même pas le droit de se réunir pour prier et plusieurs d’entre eux avaient été emprisonnés. C’est pourquoi, Tarcisius et les autres chrétiens se réunissaient en secret pour prier et assister à la messe. Même le simple fait de se réunir étaient dangereux : s’ils étaient dénoncés, ils risquaient d’être emprisonnés ou pire, d’être tués.

Si Tarcisius courait et passait dans les rues le plus discrètement possible, c’est qu’un prêtre, lui avait donné une mission importante. Il devait porter la Sainte Communion aux chrétiens prisonniers. Tarcisius gardait en mémoire ses paroles :

« Fais bien attention Tarcisius, c’est une mission dangereuse que je te confie, mais essentielle pour nos amis qui ne peuvent pas nous rejoindre pour prier. N’oublie pas le lieu du rendez-vous!». Puis il l’avait béni, traçant sur son front le signe de la croix.

A présent, Tarcisius, était proche du lieu de rendez-vous, mais il ne relâchait pas son attention, désireux d’accomplir la mission qui lui avait été confiée et de porter à ses amis prisonniers la Communion.

« Mais c’est Tarcisius ! entendit-il soudain dans son dos. Que fais-tu ici à cette heure ? »

Tarcisius jeta un regard rapide en arrière, mais continua d’avancer, sans répondre. C’était un groupe de jeunes gens qu’il connaissait. Voyant que Tarcisius continuait son chemin, le groupe se lança à sa poursuite et l’encercla. Tarcisius fut alors bien obligé de s’arrêter.

« Que fais-tu ici, aussi loin de ta maison, à cette heure ? demanda l’un.
– Pourquoi ne veux-tu pas nous répondre ? demanda un autre.
– Viens t’amuser avec nous ! »
Les remarques et les questions fusaient, mais Tarcisius ne répondait rien, et gardait la tête baissé, tout entier tourné vers sa mission.

« Mon Dieu, faites qu’ils me laissent partir rapidement. » priait-il tout bas.

« Eh ! que tiens-tu dans ta main ? »

La question lui fit redresser la tête. Tarcisius serra plus fort le paquet qu’il tenait contre son cœur.

« Ce n’est pas pour vous ! » répondit-il avec assurance.

Le groupe se pressa autour de Tarcisius, intrigué par son refus :

« Si tu le tiens avec autant de précaution, c’est que cela doit être précieux !
– C’est peut-être des pièces d’or !
– Pourquoi tu ne veux pas partager avec nous, toi qui es si généreux d’habitude !
– Fais- nous voir ! »

Mais Tarcisius resta ferme et refusa : « Cela ne vous regarde pas. Laissez-moi tranquille ! »

Cependant les autres ne l’entendaient pas de cette oreille, et commencèrent à le bousculer et à essayer de lui arracher le paquet qui avait l’air de contenir quelque chose de très précieux.

Tiraillé de toutes parts, Tarcisius tomba à terre, mais continuait de serrer les hosties plus fort contre son cœur : il ne voulait pas que les hosties tombent entre les mains des païens ! Les jeunes étaient furieux qu’on leur résiste. Les coups commencèrent à pleuvoir sur Tarcisius, qui priait dans son cœur : « Mon Dieu, donnez-moi la force de résister. Donnez-moi la force de protéger les hosties. Mon Dieu, pardonnez-leur. »

Tarcisius était désormais recroquevillé sur le sol, contre les froides pierres de la ruelle, abritant de son corps les précieuses hosties. Une pierre, puis deux puis trois se mirent à voler. Tarcisius continuait de prier.

Une voix se fit soudain entendre :
« Que faites-vous ? Arrêtez tout de suite ! » Un officier romain, attiré par le bruit, fit fuir les jeunes brutes. Le pavé retentit de leurs pas qui s’éloignaient. Puis le soldat se pencha sur le jeune garçon couché, blessé sur le sol, les bras serrés contre lui. Il ne respirait presque plus. L’officier le pris dans ses bras. Le temps qu’il l’amène chez lui, à quelques rues de là, le jeune Tarcisius avait rendu l’âme. L’officier, qui était lui aussi chrétien en secret, compris que le jeune homme portait l’Eucharistie à des prisonniers et qu’il était mort en martyr pour éviter qu’elles ne soient profanées. Il décida alors de porter les hosties aux prisonniers à la place de ce jeune garçon qui venait de donner sa vie pour le Christ.

Saint Tarcisius a sans doute été enterré dans les catacombes saint Calixte à Rome et est devenu le Saint patron des Enfants de Chœur.