Waingunga

Site du Louvetisme : les 8-12 ans

Temoignage d’une Akela

Pourquoi être chef ?

C’est une question que je ne me suis pas posée à la manière de ceux qui ont déjà de longues années de scoutisme derrière eux.  En effet, ce rôle de chef s’est présenté à moi alors que je venais d’arriver à Besançon avec ma famille en 2009. Début septembre, nous avons eu un appel de la Cheftaine de Groupe qui cherchait une étudiante disponible et volontaire pour encadrer la clairière. Je n’avais à ce moment là encore jamais fait de scoutisme, mais j’étais intéressée, j’avais envie de connaître et je voulais me faire ma propre opinion de ce mouvement dont les vertus ont souvent été contestées dans ma famille. Je n’ai donc pas hésité longtemps, j’avais du temps et rien à perdre mais peut-être tout à gagner. Et c’est comme ça que je me suis engagée dans la clairière, sans savoir vraiment à quoi m’attendre ni ce à quoi cela m’amènerait.

Au terme de trois années de cheftaine, dont deux en tant qu’Akela, je suis en mesure de réaliser tout ce qu’on gagne en étant chef, et toute l’importance de ce rôle malgré les nombreuses difficultés que l’on rencontre.

En effet, être chef d’unité ça ne s’improvise pas. On peut avoir toute la bonne volonté du monde, cela ne suffit pas, il faut également avoir une certaine force de caractère et de l’autorité pour s’imposer, tant auprès des enfants que des parents. Cependant, le rôle de chef apporte beaucoup. Il apprend l’organisation dans son emploi du temps d’étudiant et la diplomatie dans les relations avec les parents. Il responsabilise, il requiert de la créativité, de l’inventivité et de l’imagination pour varier les activités. Il oblige le sérieux, la rigueur, mais aussi la souplesse, et la volonté d’aller jusqu’au bout. Il nous apprend à transmettre nos connaissances pédagogiques et religieuses et à nous adapter à notre public. Il exerce la patience, la persévérance, il nous permet de nous former et de mieux connaître la psychologie des enfants. En bref, ce n’est pas facile mais extrêmement enrichissant.

Au départ, je n’avais aucune idée du temps que j’allais passer avec cette clairière. J’ai fait une première année en tant qu’assistante, puis j’ai fait le camp qui a duré trois jours, c’était très court mais mémorable et ça m’a donné envie de continuer. En septembre, j’ai été contre toute attente,  « promue » Akela. L’année a été un peu difficile, je ne connaissais rien au rôle d’Akela, j’avais à peine lu le Livre de la Jungle et de plus je partais un semestre à l’étranger. En fin de compte, grâce à l’aide de mes nombreux amis chefs, à un week-end de formation avant le camp, et à mon ACDL qui a pris le relais pendant mon absence, j’ai pu mener à bien mon année ; j’ai donc décidé de poursuivre une année de plus.

Cette dernière année a été plus compliquée sur le point de vue logistique car je n’étais plus à Besançon, cependant ça s’est très bien passé. Grâce aux sorties régulières et à un camp de 8 jours, les louvettes ont beaucoup et vite progressé, ce qui m’a permis de remettre de nombreuses étoiles et de faire prononcer leurs promesses à toutes les Pattes Tendres.

Donc pour répondre concrètement à la question « pourquoi être chef », je dirais que c’est une expérience unique à vivre, qui nous apporte beaucoup et qui nous permet de beaucoup apporter. La seule joie des enfants quand ils sont en sortie suffit à redonner la motivation et l’envie de continuer. Etre chef c’est être prêt à se découvrir par le service, c’est une aventure avec sa maîtrise, avec les responsables du mouvement  et c’est un engagement important, surtout quand on a un long passé de scoutisme derrière soi. Etre chef c’est aussi renoncer à beaucoup de choses et tout d’abord à soi, mais jamais inutilement car en retour on est récompensés, entre autre par le bonheur que l’on éprouve à voir grandir et s’épanouir une meute d’enfants grâce au jeu et à la pédagogie.

Finalement, si vous avez du temps, si vous êtes prêt à faire du scoutisme votre première priorité, si vous n’avez pas peur de ce qu’implique le rôle du chef, je vous encourage à vous engager et la seule chose que vous regretterez, c’est de devoir vous arrêter un jour.